Travailler en Australie (mon expérience)

par | Mai 22, 2019 | Australie

Travailler en Australie est parfois compliqué. Je vous explique d’ailleurs comment trouver un job dans cet article.

Pour ma part, après 2 semaines de recherche, j’ai fini par trouvé un travail en ferme. Et ça grâce à une amie qui avait repéré une annonce sur Facebook. Les recherches étaient plutôt déprimantes tant la concurrence était forte à l’époque de l’année où je cherchais un job (Février-Mars). De plus, je ne comptais rester en Australie que quelques mois et j’avais besoin d’argent rapidement.

J’ai donc décidé d’accepter le travail même si les conditions pouvaient paraître difficiles.

C’était donc un travail en ferme de melons au nord est du Queensland. Je travaillerai pour une entreprise appelée Willing workers.
Les conditions sont les suivantes :

    • Le travail consiste en du planting de melon dans un premier temps et la « déplastification » des champs déjà récoltés.
    • Pour le mois de mars je ferai entre 20 et 40h par semaine payé au minimum légal pour un contrat en part time, 20,66 dollars/h.
    • Je logerai dans une maison avec chambre personnelle dans une collocation de 5 (avec 4 chinois) et pourrai bénéficier d’une voiture. Le tout pour 200 dollars par semaine, ce qui est très cher en Australie.
    • En arrivant, je dois donner 200 dollars de « bond » que je récupérerai dès mon départ. Si je préviens une semaine avant la date où je m’en irai.

Ce qui me dérange, c’est évidemment le prix de la chambre qui est astronomique pour une ville en pleine campagne. En comparaison, les prix à Brisbane sont bien moins élevés.
Mais forcé par le destin et par le besoin de me faire de l’argent rapidement, j’accepte. Surtout que je serai payé à l’heure et non à la pièce, ce qui est plutôt difficile à trouver.

Je prends un avion direction Townsville puis un train direction Home Hill, ma prochaine ville pour les 2 mois et demi à venir.

Mon arrivée à Home Hill

J’arrive donc à Home Hill et est accueilli par la femme de mon propriétaire qui est également mon supérieur hiérarchique, pas mal le business. Très gentille, elle me fait visiter la ville…en 10 minutes. Nous allons ensuite dans ma collocation. La maison est grande, ma chambre très petite, sans fenêtre mais au moins il y a la climatisation. Elle est primordiale compte tenu de la chaleur dans le nord de l’Australie. 

Je fais la connaissance de mes colocataires, tous chinois ou Taïwanais. Tous très gentil, ils ont préparé un repas pour mon arrivée et je m’intègre très rapidement. J’avais pourtant peur d’être vite mis de côté puisqu’ils parlent la même langue. Mais ils font l’effort de me parler même si parfois ils passent de l’anglais au chinois.

Une première journée/soirée qui me rassure donc. On me dit que le lendemain, nous commencerons avec du planting. Que nous pouvons travailler 7/7 jours suivant la météo et les besoin de l’entreprise.  

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Mes premières journée de travail

Le planting

Viennent donc mes premières journées de travail. Nous travaillons en extérieur, et plantons des pousses de melon sur des kilomètres. 

Le travail est difficile : il fait très chaud et les douleurs au dos arrivent rapidement. Le rythme est effréné mais nous ne travaillons que 4h par jour. 
Heureusement, nous pouvons utiliser nos écouteurs, j’écoute donc de la musique ou des podcasts radio, ce qui rend les journées plus facile. Les horaires sont les suivantes : de 9h à 13h environ. Rien de bien compliqué, mais je m’inquiète pour le salaire.

Le « plastic »

De temps en temps, le travail change, nous sommes prévenus le soir pour le lendemain par téléphone. Parfois donc nous passons au « plastic ». Nous devons retirer des kilomètres de plastique noir disposé sur la longueur du champ, certainement pour protéger la terre des attaques extérieur et faire en sorte que les melons poussent droit. 

Ce travail est mieux dans la mesure où nous travaillons 6h : de 8h à 13h environs. Seul bémol : ce travail se fait sur des champs envahis par les mouches, et une vingtaine d’entre elles tournent autour de chaque backpacker et se posent sur eux. Je prendrai un bandana pour me couvrir le visage la prochaine fois. 

Et là, c’est la catastrophe

Après quelques jours, je m’accoutume et suis rassuré du nombre d’heures qui n’est pas si mauvais. Puis arrive le jour de la tempête. Il pleut des cordes pendant que l’on plante mais continuons à travailler. Le temps est exécrable et c’est peu de le dire. Problème : une rivière qui est devenue un torrent borde le champs où nous nous trouvons. Nous finissons avec de l’eau jusqu’aux genoux.

Tout le monde doit arrêter de travailler et partir. Nous prenons la voiture mais les chemins sont quasiment impraticables, nous nous retrouvons embourbés. Une bien mauvaise journée, mais nous rigolons face à cet acharnement.

Finalement on nous sortira de notre mauvaise passe. Nous rentrerons et nous battrons pour savoir qui prendra sa douche en premier. Un chifoumi, je suis deuxième, pas si mal.

Après cette journée, silence radio. Les day off s’enchainent, les champs sont inondés et la pluie continue à s’abattre par intermittence, empêchant la situation de s’améliorer.

Je fis 17h cette semaine-là, un salaire misérable à tel point que mon propriétaire ne nous demandera que 150 dollars pour le loyer. Beau geste.

Je commence donc à m’inquiéter sérieusement pour la suite et attend le retour du soleil avec impatience.

Vous pouvez avoir un aperçu des conditions climatiques sur la vidéo et la photo juste en dessous.

Une bonne nouvelle

Nous arrivons fin mars, presque un mois que je travaille ici. Mon anniversaire a été célébré avec mes colocataires et je me suis lié d’amitié avec l’un d’entre eux. Nous nous sommes inscrits à une salle de sport pour nous occuper les jours de congé.
Je découvre avec émerveillement la cuisine chinoise car mon ami cuisine souvent pour moi et bien mieux que tous les restaurants chinois que j’ai pu faire en France.

Je goûte également au « Hot pot », un plat typique, assez épicé où l’on met de la viande, des légumes et autre dans des soupes avant de se servir dans un bol.

Nous travaillons relativement peu, le plus souvent entre 20 et 30h. Mais arrive enfin une bonne nouvelle. Notre propriétaire, et manager, conscient du peu d’heures que nous faisons nous propose de travailler dans l’usine de packing pendant les day off. En clair, l’usine ouvre ses portes prochainement, et il faut la nettoyer de fond en comble.

Parfait, enfin du travail. Je ne m’attarderai pas sur le cleaning, pas très intéressant.

Autre bonne nouvelle : le picking commence bientôt et le packing aussi. Nous ferons plus d’heures.

De plus, notre supérieur nous informe que nous ferons du packing, et donc nous travaillerons en intérieur. Je vous assure que c’est une très bonne nouvelle lorsqu’on connait les conditions de travail en extérieur. Mon dos le remercie, mes coups de soleil aussi. 

Le packing

Le packing commence donc, je ne suis pas à la chaine mais sur un poste nécessitant 2 jours de formation où je serai tout seul. Mon formateur Nigel, est hilarant et nous devenons très vite ami. Mon job consiste à envoyer via deux énormes machines les boites et couvercles qui serviront à « packer » les melons sur la chaine. C’est un job avec un peu de responsabilités comparé au reste de la chaine et où il est nécessaire de courir toute la journée car si une boite se bloque sur la chaine, c’est à moi de trouver le moyen de la débloquer. Sans compter les va-et-vient nécessaires pour changer les palettes. Mais ce rythme me convient, les écouteurs sont interdits, je dois m’occuper.

Le nombre d’heures augmente, à mon plus grand plaisir. Le mois d’avril est donc bien meilleur et je fais en 2 semaines ce que je faisais en 1 mois. Je commence enfin à voir la couleur de l’argent et suis rassuré pour le reste de mon voyage.

L’heure du départ

Début mai, il me restait 10 jours de travail, enfin.
Mon supérieur me propose une augmentation de 3 dollars par heure. Dommage.

Je refuse mais suis reconnaissant, j’ai assez d’argent pour la suite.

Mon dernier jour arrive, Nigel vient me voir et me lâche « I’m gonna miss you » qui me touche sincèrement. Mon supérieur me serres la main et me dit de ne pas hésiter à revenir, qu’il me reprendrait immédiatement.

Le lendemain matin mon ami et colocataire, Zhang, me dépose à la gare, un câlin d’adieu me rend déjà nostalgique d’une période que je ne pensais pas si mémorable.

 

 

J’ai appris énormément sur moi-même durant cette période. J’étais seul au départ mais j’ai rencontré beaucoup de personnes, on réalise très rapidement qu’être seul n’est pas un problème. J’ai également appris énormément sur la culture chinoise. Les chinois sont très différents de nous culturellement mais je me suis vite rendu compte que passer ces différences, nous nous ressemblons en réalité bien plus que je ne le pensais. Je n’aurais jamais pensé que je rirai autant pendant ces 2 mois et demi.

Le job quant à lui n’était pas si terrible. En Australie, si vous travaillez dur, vous serez vite récompensés. Si vous ne rechignez pas à la tache, vous pourrez gagner beaucoup d’argent rapidement.